L’Organisation météorologique mondiale (OMM) avertit que les incendies de forêt et les vagues de chaleur de plus en plus intenses risquent d’annuler une partie des progrès accomplis contre la pollution atmosphérique. Son nouveau bilan souligne que la crise climatique et la qualité de l’air ne peuvent plus être traitées comme deux dossiers séparés.
Dans plusieurs pays développés, les émissions provenant de l’industrie et des transports ont diminué grâce à des normes plus strictes. Mais les fumées produites par les feux géants libèrent d’importantes quantités de particules fines, capables de parcourir des centaines, voire des milliers de kilomètres.
Les particules PM2,5 pénètrent profondément dans les poumons et peuvent atteindre la circulation sanguine. Elles sont associées à une hausse des maladies respiratoires, cardiovasculaires et des décès prématurés, notamment chez les personnes âgées, les enfants et les patients souffrant déjà de pathologies chroniques.
L’ozone au niveau du sol constitue une autre menace accentuée par les fortes chaleurs. Contrairement à l’ozone protecteur de la haute atmosphère, ce polluant irrite les voies respiratoires et se forme plus facilement lorsque les températures sont élevées et que l’air stagne.
Le rapport cite notamment les vastes incendies observés dans le nord du Canada, certaines régions de Russie et le nord-ouest de l’Espagne. Ces épisodes montrent que la pollution issue des feux n’est pas seulement locale : elle perturbe les réseaux de surveillance et les politiques sanitaires bien au-delà des zones brûlées.
Une étude mise en avant par l’OMM estime que la multiplication des épisodes extrêmes de fumée depuis les années 1990 aurait contribué à près de 100 000 décès supplémentaires par an entre 2010 et 2018. Cette estimation illustre le poids humain croissant d’un phénomène appelé à s’intensifier.
L’agence des Nations unies réclame une surveillance renforcée des particules fines, du carbone noir et d’autres contaminants encore insuffisamment mesurés. Elle recommande aussi de coordonner les politiques climatiques, forestières, énergétiques et sanitaires afin d’éviter des réponses fragmentées.
Pour les autorités publiques, le message est clair : réduire les émissions reste indispensable, mais il faut également mieux prévenir les incendies, protéger les populations pendant les pics de fumée et adapter les systèmes de santé à des saisons de pollution plus longues.
Sources et références
Organisation météorologique mondiale
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