L’Union européenne a renouvelé ses sanctions contre près de 3 000 personnes et entités russes, mais a retiré de sa liste les milliardaires Alisher Usmanov et Mikhail Fridman. Le compromis a permis de prolonger les mesures pour une durée de trois ans.
Jusqu’à présent, ces sanctions étaient généralement renouvelées tous les six mois. La nouvelle période doit offrir davantage de prévisibilité tout en réduisant la fréquence des négociations susceptibles de provoquer des blocages entre États membres.
La France et le Luxembourg ont soutenu la radiation des deux hommes. Paris aurait invoqué des considérations de sécurité nationale, tandis que le Luxembourg aurait mis en avant les risques liés aux contestations devant les tribunaux européens.
La Lettonie s’était initialement opposée au compromis, avant de choisir l’abstention. Cette décision a permis l’adoption de l’accord, Riga envisageant parallèlement la possibilité d’appliquer ses propres mesures nationales.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a vivement critiqué le retrait des deux milliardaires. Kyiv demande aux pays européens de maintenir une pression maximale sur les personnalités considérées comme proches du pouvoir russe.
Les sanctions adoptées après l’invasion de l’Ukraine comprennent notamment des gels d’avoirs et des interdictions de voyager. Elles visent des responsables politiques, des militaires, des hommes d’affaires et des entreprises associés à l’effort de guerre russe.
Cette décision met en lumière les difficultés de l’Union à préserver une position commune sur la durée. Elle montre aussi l’influence croissante des recours judiciaires et des intérêts nationaux dans l’évolution du régime européen de sanctions.
Sources et références
- Reuters — renouvellement des sanctions européennes
- Conseil de l’Union européenne — sanctions contre la Russie